Édito / SAISON 2018-2019

Partir, revenir, construire, transcender, immobiliser, arrêter, infliger, s’infliger, renaître, quitter, embrasser, étreindre, tenir, engloutir, brûler, rejeter, mordre, tordre, grandir, cacher, taire, dévoiler, voiler, franchir, affranchir, s’affranchir, recevoir, donner, léguer, transmettre… Hériter… Héritage…
Les mots se bousculent aux portes de la saison 2018/2019 des Plateaux Sauvages. Mais c’est sans doute, celui-là, ce tout dernier, qui unit les 14 compagnies qui prendront, dès septembre, leurs quartiers au 5 rue des Plâtrières…

HÉRITAGE.

Celui d’abord, de Jean Dumont, et son projet architectural avec lequel nous avons tenté de renouer, aux côtés de la Ville de Paris, pendant ces longs mois de travaux.

Celui d’un quartier bien sûr, vivant, pluriel, rebelle, engagé, avec lequel nous construisons, à partir des projets des artistes, des temps de partage, d’échange, de rencontres et de pratiques.

Celui des artistes. Héritage qui, comme le dit René Char, « n’est précédé d’aucun testament ».
Ces artistes qui feront vivre Les Plateaux Sauvages toute l’année, viendront tou·te·s, à leur manière, raconter ce « d’où je viens ».
Lou prendra le manteau qu’Olivier lui tendra et ensemble ils traverseront les heures les plus sombres de notre Histoire.
Benjamin réveillera l’animal en nous et Clément se révoltera de l’à venir.
Tatiana et Christelle mêleront aux mots de Darwich la tendresse que l’on accorde aux bouches qui ne peuvent plus parler.
Les mystiques Hédi et Lisa oublieront leur ordinateur entre Niort et Poitiers, tandis que sur le Pont du Nord, Marie célèbrera la transgression.
Léonard avalera Bergman et Freud, tandis l’Inconnu·e avouera l’acte manqué qui l’a conduit·e à l’appel à projet page 23 de notre brochure.

Florian fera du dark tourism en banlieue, Les bâtards dorés défonceront les portes de Feydeau.
Vanasay rentrera dessous la terre, et du dehors, du grand dehors, Maëlle et David ouvriront les grilles des prisons.
Frédéric libérera d’insolentes bonnes ondes, et l’univers végétal de Naéma annoncera peut-être celui que nous inventons en ce moment pour rendre les extérieurs du bâtiment plus beaux.
Enfin, Robert et Julie du Théâtre National de Weimar, réuniront dans le théâtre des acteur·trice·s de France, d’Allemagne, d’Afghanistan, d’Israël et de Pologne.

Et quand, en fin de saison, nous éteindrons les plateaux, et que brillera la servante dans le théâtre, nous laisserons résonner cette phrase d’Hannah Arendt :
« Aucune philosophie, aucune analyse, aucun aphorisme, aussi profonds qu’ils soient ne peuvent se comparer en intensité, en plénitude de sens, avec une histoire bien racontée ».
Oui, cette année, notre héritage sera celui-là. Celui d’une histoire bien racontée.

Bienvenu·e·s aux Plateaux Sauvages.

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LAËTITIA GUÉDON
Directrice des Plateaux Sauvages

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