Édito / SAISON 2017-2018

« On ne quitte jamais vraiment son foyer. Je crois qu’on charrie les ombres, les rêves, les peurs et les monstres de sa maison sous la peau, qu’on les transporte, blottis dans le coin de ses yeux et jusque dans le cartilage des lobes de l’oreille. »  Ces mots de l’autrice afro-américaine Maya Angelou semblent témoigner de la saison 2017/2018 des Plateaux Sauvages.

De ce foyer, de cette maison, nous avons posé les fondations, lors de la dernière saison « en chantier ». Nous avons observé, rencontré, essayé, déchiffré, défriché…

Et à peine découvrons-nous qui nous sommes, que nous devons déjà partir, quitter… S’absenter provisoirement de ces murs, ce théâtre, ces terrasses, cette rue… Mais partons-nous vraiment ? Ne permettons-nous pas au contraire à ce foyer, par notre absence temporaire, de s’améliorer, se transformer, se rendre encore plus agréable et innovant pour le public et les artistes ?

Les Plateaux Sauvages vivront donc de l’été 2017 au début de l’année 2018, un second chantier, de nouveaux travaux, plus importants encore, pour encore se perfectionner.

Pendant ce temps, nous emporterons nos rêves et nos ombres, dans des théâtres amis qui accueilleront les artistes de ce début de saison. L’hospitalité nous sera offerte par La Colline, Le Grand Parquet, Le Tarmac et Le Carreau du Temple.

Pendant ce temps, le partage avec le public continuera à travers les projets de transmission artistique déployés dans le quartier, à travers les ateliers de pratique artistique amateur qui connaîtront, eux aussi, une courte période « hors les murs ».

Et puis, comme Ulysse, nous retrouverons enfin ce quartier des Amandiers aux allures d’Ithaque, et nous continuerons de bâtir cette maison avec le public, et les artistes.

Ces derniers qui, sans le savoir, se sont tous passés un mot, un secret, qui éclairent le chemin de cette saison. Tous, sans se le dire vraiment, sans que nous le décidions, poseront cette question : « d’où venons-nous ? ».

De ces naissances d’identité…

D’une mère de la Grèce à la France, des mots de Mahmoud Darwich à ceux d’Édouard Glissant, de l’Afrique du Sud d’André Brink aux embrasements du hip-hop et de la danse contemporaine, de la cellule familiale aspirée par la télévision ou inspirée de Gertrude Stein, des fièvres américaines de Philip K. Dick aux révoltes créoles de Patrick Chamoiseau, d’une femme qui prend l’identité de son mari à une égérie travestie des années 70, de l’enfermement des prisons aux errances de l’exil, de la vieillesse vivante à la jeunesse qui fait de l’archéologie sa liberté…

De toutes ces naissances, émergent les vitalités esthétiques et artistiques qui viendront construire en 2017/2018 ce foyer… qu’on n’aura jamais vraiment quitté.

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LAËTITIA GUÉDON
Directrice des Plateaux Sauvages

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